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Europe : Le retour de Trump dynamise les obligations européennes, mais affaiblit l’euro

L’élection de Donald Trump pour un second mandat à la présidence des États-Unis bouleverse les perspectives économiques européennes. Alors que les marchés anticipent une intensification des tensions commerciales, les obligations européennes profitent d’un climat propice à des baisses de taux par la Banque centrale européenne (BCE). En revanche, l’euro subit une forte pression face au dollar.

Des perspectives économiques incertaines en Europe

Le programme de Donald Trump, centré sur des tarifs douaniers élevés (10 % sur les importations globales et jusqu’à 60 % sur les produits chinois), menace directement l’Union européenne. En tant que deuxième plus grand exportateur vers les États-Unis, l’UE pourrait voir son déficit commercial avec ce partenaire stratégique s’aggraver. Par ailleurs, l’incertitude politique en Europe, notamment en Allemagne avec le limogeage de Christian Lindner par Olaf Scholz, accentue les inquiétudes.
Les investisseurs anticipent une croissance plus faible en Europe, poussant la BCE à envisager des baisses de taux pour soutenir l’économie. Cette prévision a renforcé les obligations européennes, notamment les titres à court terme, dont les rendements ont diminué.

Une pression accrue sur l’euro

L’euro a perdu près de 2 % face au dollar, une chute qui s’approche des records observés pendant la crise du COVID-19. Les craintes liées aux tarifs douaniers, combinées à une potentielle réduction des soutiens américains à l’Ukraine, pèsent sur la devise européenne. Les analystes de JPMorgan et Deutsche Bank estiment que l’euro pourrait glisser à 1,05 dollar d’ici la fin de l’année.
L’impact des politiques de Donald Trump devrait être progressif. Cependant, la menace de droits de douane et de réductions d’impôts aux États-Unis pourrait exacerber l’inflation américaine, limitant les baisses de taux par la Réserve fédérale et fragilisant davantage l’euro.

Obligations et actions : des gagnants et des perdants

Les obligations européennes, perçues comme des actifs refuges, ont bénéficié de cette situation. En revanche, les marchés actions européens, après un rebond initial, ont rapidement reculé. Les secteurs les plus touchés incluent :

  • L’automobile : Les constructeurs comme Porsche, BMW et Volkswagen ont vu leurs titres chuter entre 5,4 % et 7,7 %, en raison des craintes liées aux nouveaux tarifs douaniers.
  • Les énergies renouvelables: Menacées par les politiques énergétiques américaines, elles enregistrent également des pertes importantes.
À l’inverse, les actions des secteurs de la défense et de l’aérospatiale ont progressé (+2 %), portées par l’anticipation d’une hausse des dépenses de défense européennes.

Un avenir encore flou

Les investisseurs restent prudents face aux incertitudes entourant la mise en œuvre des politiques de Donald Trump. La réaction initiale des marchés semble refléter une adaptation rapide aux nouvelles perspectives, mais les gains des obligations et les pertes des marchés actions pourraient s’accentuer si les tensions commerciales se concrétisent.
Comme l’a résumé Nick Hayes, d’AXA Investment Managers, « l’incertitude réside dans ce qu’il va faire », rappelant que les perspectives de croissance européenne et les décisions de la BCE joueront un rôle clé dans les mois à venir.

Conclusion

Si les obligations européennes tirent parti de la nouvelle donne économique, l’Europe devra affronter des défis majeurs : ralentissement économique, pression sur l’euro et impact des politiques américaines sur ses principaux secteurs exportateurs. Dans ce contexte, une gestion prudente des actifs et une anticipation des réactions des banques centrales seront essentielles pour limiter les répercussions sur l’économie européenne.

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