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Le grand retour des obligations souveraines : faut-il encore privilégier les actions en 2025 ?

2025 : le retour d’un monde à taux élevés. Pendant plus d’une décennie, les investisseurs ont vécu dans un univers financier dominé par les taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs. Mais maintenant...

1. 2025 : le retour d’un monde à taux élevés

Pendant plus d’une décennie, les investisseurs ont vécu dans un univers financier dominé par les taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs. Dans ce contexte, les actions apparaissent comme la seule classe d’actifs offrant un rendement significatif. C’est ce qu’on appelait le paradigme du TINA – There Is No Alternative. Mais depuis 2022, ce monde s’est retourné. L’inflation persistante post-Covid, couplée aux tensions géopolitiques et à la transition énergétique, a poussé les banques centrales à relever brutalement leurs taux. En 2025, les taux restent durablement élevés :
  • Taux directeurs de la BCE : 3,75 %
  • OAT 10 ans françaises : environ 3 %
  • T-Notes américaines (10 ans) : au-dessus de 4,5 %
Résultat : les obligations souveraines offrent des rendements réels redevenus attractifs. L’époque où les investisseurs achetaient de la dette publique par défaut est révolue. Aujourd’hui, ils le font par choix rationnel.

2. La prime de risque actions/obligations se resserre

L’un des indicateurs clés pour comparer ces deux classes d’actifs est la prime de risque, c’est-à-dire le rendement additionnel exigé pour détenir des actions plutôt que des obligations.
En 2021, cette prime pouvait dépasser les 4 % : les actions paraissaient incontournables. En 2025, avec une obligation française à 3 %, et des dividendes qui peinent à dépasser 3,5 %, l’écart s’est nettement resserré.

«Les obligations ne sont plus le ballast du portefeuille, elles en redeviennent le moteur », souligne un stratégiste de marché chez BNP Paribas AM.

Cette nouvelle donne incite de nombreux investisseurs — en particulier les institutionnels et les retraités — à réduire leur exposition aux actions et à rééquilibrer leur portefeuille au profit des obligations souveraines.

3. Quelles dettes publiques privilégier en 2025 ?

Si les obligations souveraines reviennent sur le devant de la scène, encore faut-il choisir les bons émetteurs, les bonnes devises et les bonnes maturités.

Les pays à rendement attractif

  • États-Unis : les T-Notes à 10 ans tournent autour de 4,5 % avec un risque faible et une liquidité optimale.
  • Italie : des BTP à 10 ans au-dessus de 4 %, avec une prime de risque politique à surveiller.
  • France / Allemagne : rendement modéré mais idéal pour les portefeuilles prudents.

Le débat sur les maturités :

  • Les obligations courtes (2-5 ans) offrent un portage élevé, avec une sensibilité réduite à la hausse des taux.
  • Les obligations longues (10-30 ans) profitent d’un possible retournement futur de la courbe des taux… mais restent sensibles aux surprises inflationnistes.
En parallèle, des stratégies plus dynamiques — comme les ETF obligataires ou les fonds à échéance — permettent de capter ces opportunités tout en diversifiant.

4. Vers un nouveau paradigme d’allocation ?

Le portefeuille emblématique dit 60/40 (60 % actions, 40 % obligations) fait son grand retour. Jugé obsolète ces dernières années, il reprend du galon en 2025 grâce à des obligations redevenues rémunératrices. De nombreux conseillers en gestion de patrimoine ajustent ainsi leurs recommandations :
  • Pour un profil prudent : jusqu’à 70 % de dettes souveraines bien notées.
  • Pour un profil équilibré : retour à un mix obligations-actions plus classique.
  • Pour un investisseur dynamique : les obligations deviennent un outil de diversification sans coût d’opportunité trop élevé
Enfin, les portefeuilles ISR (investissement socialement responsable) incluent désormais des obligations vertes souveraines, notamment celles émises par la France, l’Allemagne ou la Banque européenne d’investissement.

Conclusion : repenser l'équilibre, sans renoncer aux actions

La remontée des taux a rebattu les cartes. Les obligations souveraines ne sont plus un refuge ennuyeux, mais une composante stratégique à part entière. Dans un monde incertain, elles permettent de générer du revenu stable, de diversifier efficacement et de réduire la volatilité globale d’un portefeuille. Mais cela ne signifie pas que les actions sont devenues obsolètes. Elles restent un vecteur incontournable de croissance à long terme. La clé réside dans la diversification intelligente, adaptée à un monde où l’on ne peut plus se contenter d’un seul moteur de performance.

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